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Le choix d’être femme
« On ne naît pas femme, on le devient ».
Quelque part dans vos vies de femmes, dans vos vies d’hommes, dans vos chemins parcourus, dans la somme de vos vérités, de vos combats et de vos choix, vous savez que Simone de Beauvoir a raison. Etre femme, c’est un choix. Conscient ou inconscient, mais c’est un choix. Ce n’est définitivement plus morphologique, physique ou naturel, c’est une décision que vous prenez : vous devenez une femme, c’est votre choix.
Souvent, c’est un choix dont on ne se doute, ni de la valeur, ni de la portée. Parce que nous avons été élevées, éduquées, taillées et formatées pour ne pas s’en apercevoir. L’on ne s’en rend compte que devant la pénible réalité de la subordination, de la dépendance morale et économique, de la difficulté de prendre part à la vie communautaire. L’on ne s’en rend compte que devant l’incapacité à s’épanouir en tant que citoyenne, en tant que personne, en tant que femme. L’on ne s’en rend compte que devant la douve d’une culture viscéralement patriarcale où la femme est d’abord « fille de », « épouse de...», « mère de...».
Les relations des hommes et des femmes sont un perpétuel rapport de forces, de pouvoir, de soumission et de rébellion. Cet un affrontement d’autant plus perceptible dans un pays pauvre où les conditions d’une dévaluation humaine sont réunies : une éducation précaire dès la base, une instruction en pointillés voire absente, un accès difficile à l’information, une protection sociale incertaine, une répartition inégale des temps et des charges de travail et surtout des rôles essentiels : productif, reproductif, communautaire et politique. Des faits qui se muent en une discrimination sociale, économique et politique sur plus de la moitié de la population d’un pays qui porte, paradoxalement, le nom de « Firenena », la terre-mère, la terre nourricière, la terre des femmes.
Cette discrimination vient d’une certaine idée que les hommes se font des femmes. Mais elle vient aussi de l’idée que les femmes se font d’elles-mêmes. Cette discrimination, c’est aussi le choix négligé, oublié, ignoré, mort. C’est un regard timide, effaré et craintif, que nous nous transmettons de génération en génération, de mères en filles. Qu’apprenons-nous à nos filles ? Quelles sont les valeurs que nous leur inculquons en tant que filles et plus tard, en tant que femmes ? Quelle image et quelle identité de la femme leur donnons-nous ? Incarnons-nous à leurs yeux une femme indépendante, active, présente et forte ?
Le choix d’être femme, c’est aussi exprimer chaque jour ce que sont les femmes, ce que veulent les femmes et ce que pensent les femmes. Au delà d’une politique de la promotion féminine, au-delà d’un programme économique équilibré, au-delà d’une communauté respectueuse des genres, le combat est d’abord culturel. Aujourd’hui, faisons le choix d’être femmes. Ne laissons pas le monde faire ce choix à notre place.
Par Mialy |